VENUS

 VENUS
C’est l’heure où la fenêtre a les paupières closes,
Où même la musique semble fermer le syeux;
Un dernier rayon hale ta peau de rose,
Quand, enfin nus, seuls, on est à l’aise et l’on ose…
Si je vois scintiller dans ton regard soyeux
Le dur éclat du désir, et que nos deux corps
N’ont plus besoin de mots pour se parler, alors
On peut sentir dans l’air frissonner quelque chose
Comme l’aile d’un ange ou un début d’aurore.
Quand enfin tu t’ouvres à moi comme une rose,
Et que nos chairs mêlées ne font polus qu’un d e deux;
Quand enfin tes lèvres tremblent devant me syeux
De plaisir, et que l’air apaisé se repose
Puis devient léger comme après l’éclat des cieux,
On a  envie d e dire: » On est mieux que des dieux !
Plus rien au monde n’existe que nous deux… »
Faites que cet instant d’amour pur et d’osmose
Demeure pour toujours fixe au faîte du temps
Comme un pendule au point de son balancement !
Telle est de nos deux corps l’étrange et douce fête
Sans convives ni verres,
Qui enchante nos jours comme nos nuits;
Et tous ces mots tournent et dans dans ma tête
Quand, enivré d’ennui,
Je noie mon chagrin dans ces quelques vers.
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SALVE REGINA

SALVE REGINA
Ton corps est le temple où je te vénère,
Ô beauté extatique,
Et je célèbre en d’étranges cantiques
Sa gloire et ses mystères.
Tes seins  sont magnifiques
Comme un prélude à Bach ! Ce sont deux fières
Corniches où se niche du grand prêtre
Exalté la fièvre bachique
Que tu apaises du d’un sourire angélique.
De tes hanches franchissant le portique,
Je pénètre en ton secret baptistère
Où j’accomplis des gestes liturgiques
Qui me font connaître, en mon ascèse,
Des communions plus belles
Que celles des mystiques !
Tes yeux sont des vitraux d’or et de pierre
Ouverts sur un monde onirique
Qui, comme des joyaux d’onyx,
Filtrent et fixent l’air.
Si bien qu’en toi, charnelle basilique,
Règne toujours une chaude lumière
Qui, comme une douce musique,
Fait écho à mes prières…
Et dans ma foi en toi, si fantastique,
Sache , ô déesse, qu’en ma misère
De tout mon être,
Je suis un fanatique !

SOIR D’ETE

Les maisons bienveillantes se reposent
Les enfants crient en jouant dans la rue
La ferme à l’horizon se teint de rose
Et le ciel s’embrase à perte de vue
Un couple passe en parlant tout bas
Les jardins ont de airs de paradis
la cloche a sonné l’heure du repas
Et les vaches rêvent que Dieu sourit
Des chants de merle et d’étourneau se croisent
Au rythme roucoulant des tourterelles
Le soleil fait reluire les ardoises
La vie est si douce aux coeurs des mortels
 Bouge, le 18 mai 1997

PRIERE POUR QU’ON JETTE MES CENDRES DANS LA MER EGEE (ébauche)

Au large du Pélion, de Paros, de Lesbos

Que, dans la mer toujours recommencée,

Sombrent mes restes comme mes pensées,

Au large du Pélion, de Paros, de Lesbos…

 

Je souhaite, après mon dernier soupir,

Etre rendu au feu puis à la mer,

Qu’ainsi les quatre éléments interfèrent

Et que je disparaisse aux doux zéphyrs…

 

Miroitements, scintillements, rumeur

De la mer aux flots écumeux, céruléens,

Où se reflète un soleil olympien

Follement, tragiquement fixe – leurre…

ODYSSEE

Ligne de vie brisée

Quelques courbes quand même

Abysses et pics

Plus sage enfin ?

 

Enfin tu te rends compte

Et tant bien que mal

De guider ta barque

 

Las tu payes tes excès

Et tes erreurs

Mais fini d’errer

Mer étale et ciel bleu

 

Ô vie ! Ô ma vie !

Que sais-je

Que n’ai-je

Que neige

 

Qui fond entre les doigts

Enfin un toit

Une assiette une verre

Et joyeuse compagnie

 

Tu peux amarrer ta barque

A ce sûr pilotis

Et regarder en arrière

 

Ô vie ! Ô ma vie !

Que sais-je

Que n’ai-je

Que neige

ROUX

Des blondes vénitiennes

Aux cuivres du couchant,

Des feux de la géhenne

Aux animaux du bois dormant,

 

J’aimerais faire l’éloge

De cette couleur rousse

Qui me valut à l’école

Tant de quolibets de tous

 

Mais qu’on voit partout dans la nature

Des feuilles de l’automne

A la rouge rouille, parure

Flamboyante du Christ en personne !